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nda
Depuis 1996, l’agence NDA s’efforce de conserver le rapport essentiel au temps et à l’espace. Diplômée de l’Ecole de Chaillot et Vice présidente de l’association des architectes du patrimoine, Nathalie d’Artigues se veut comme l’interface entre les exigences économiques et sociales d’aujourd’hui et les complexités qui étaient déjà là hier. Car le paysage architectural est le reflet de changements, économiques, sociaux, politiques, caractéristiques non seulement d’une époque mais aussi d’une conscience : celle qui l’a construite et l’a utilisé. La corrélation entre variété des besoins et variété réponses produisent une infinité d’interprétations de l’édifice et une infinité de solutions architecturales. L’influence des traits culturels, l’impact des milieux physiques, le rôle des matériaux et des techniques, les étapes de la construction, l’importance des éléments symbolique et décoratifs, la variété d’usages et de fonctions sont autant de contraintes qui garantissent la singularité d’un édifice. Sous le joug de la triade vitruvienne utilitas - firmitas - venustas (utilité, solidité, beauté), de multiples approches sont possibles. Un retour à l’aspect initial d’un bâtiment empruntera la voie de la restauration, quand le changement de fonction impliquera un travail de réhabilitation. La création de bâtiments contemporains nécessitera un regard neuf et une table rase, quand l’ajout de différences qui modernise un édifice déjà là appellera à des interprétations contemporaines teintés d’humilité en aquarelle. Pourtant, un invariable doit animer, aujourd’hui encore plus qu’hier, l’activité de l’architecte : c’est le respect de la durabilité fondamentale et nécessaire de l’oeuvre, seule garante d’une continuité entre hier, aujourd’hui et demain. L’architecture questionne l’origine, embrasse le changement et anticipe les épreuves du temps pour respecter le contexte, l’espace réceptacle de l’édifice. Qu’il s’agisse de révéler l’oeuvre ancienne ou d’en faire naitre une nouvelle, seul l’équilibre harmonieux qui réside entre passé et présent, matière et forme, espace et temps assure l’unicité de l’oeuvre. Car aucune oeuvre véritable n’est reproductible à l’identique, c’est en cela qu’elle est dépositaire d’une aura. Tout l’enjeu de la création est là : retrouver, révéler ou faire naitre l’aura, « l’unique apparition d’un lointain, si proche soit-il ».


« Occupé à noter tout cela, il vérifia et nota de nouveau que l'art est toujours au service de la beauté et que la beauté est le bonheur de posséder une forme, que la forme à son tour est la clé organique de l'existence, que tout être vivant doit posséder une forme pour exister et qu'ainsi tout art, y compris l'art tragique, est un récit sur le bonheur d'exister. »

B. Pasternak